Aphorisme du jour

Tout homme devrait être assez intelligent pour mesurer combien il ne l'est pas assez.

lundi 24 décembre 2012

Religions, inégalités et démographie


Qu'elles soient morales, politiques, religieuses ou autres, plus elles sont grandes, plus les causes ont besoin de troupes pour les promouvoir et les défendre ; d'où les encouragements qu'elles leur prodiguent de croître et se multiplier.

La religion constitue sans doute, avec la politique, l'un des chapitres sur lesquels l'homme se montre le plus intransigeant et il suffit pour s'en persuader de considérer les guerres et autres luttes dont est tissée l'histoire, ayant d'autres motifs que la conquête des richesses matérielles du monde. C'est donc en assurant tous les fidèles, sans distinction, du respect de leurs croyances, que le sujet est abordé ici.

Il ne s'agit pas de faire acte supplémentaire d'agnosticisme, et encore moins de prétendre tirer au clair le rapport existant entre l'homme, les religions et les Dieux qu'elles représentent. L'angoisse existentielle d'homo sapiens, par définition vieille comme lui d'un millier de siècles et source de foi, l'a conduit à se forger une spiritualité à laquelle nul n'échappe. C'est probablement ainsi que sont nées les superstitions puis les croyances de l'être humain, et qu'elles sont depuis entretenues par les religions qui en ont fait leurs fondations. Ce besoin de spiritualité, servi par un goût de la révélation et du mystère, davantage que par l'observation et la raison selon l'agnostique, est tel que ce dernier lui-même, rationaliste qu'encourage la science, a bien du mal à y résister ou à l'inverse, à ne pas basculer dans l'athéisme. Il est ici plus limitativement question du rapport entre les religions et la pyramide sociale, et de la mesure dans laquelle celle-ci est reconnue par celles-là, dans sa nature et son caractère aussi irrémédiable que détestable, pour le malheur premier de ceux qui logent à sa base avec si peu de possibilités de s'en extraire.

Le manteau spirituel dont l'humanité se couvre est un invraisemblable patchwork : Monothéismes, polythéismes ; philosophies déistes ou hérétiques, croyances des plus primitives et idéologies modernes, sans compter les dérives et schismes aussi nombreux que variées ni d'innombrables sectes et confréries, en sont les pièces bariolées, auxquelles s'ajoute l'athéisme, religion du non-Dieu, avec lui aussi ses papes, ses prêtres et ses prédicateurs. Toutes ces croyances reconnaissent implicitement la pyramide, au sommet de laquelle règne, selon le cas, ce Dieu en qui elles placent leur espoir en une vie meilleure dans l'au-delà ou plus simplement l'Homme lui-même, la plupart des idéologies n'étant rien d'autre que des "religions laïques"ou temporelles, avec chacune son idéal, par définition promis à n'être jamais atteint – ce que leurs tenants négligent superbement – son dogme, ses principes, ses temples et bien entendu ses prêtres ?

Les religions ont en tout cas le mérite, qui leur est généralement reconnu, d'avoir imposé aux hommes des règles de vie, une discipline morale, les ayant aidés à plus ou moins s'affranchir de la barbarie, bien que l'intégrisme de certains de leurs adeptes en soit encore bien proche. Leur rôle civilisateur ne saurait être contesté, en dépit des erreurs et des insuffisances pouvant leur être reprochées, et c'est à ce titre qu'elles partagent avec la science et le politique des responsabilités purement terrestres.

Hiérarchisée, comme l'est naturellement la société des hommes, il n'est pas d'exemple plus marqué de structure pyramidale que celui de toutes les églises et des structures schismatiques auxquelles elles ont pu donner naissance. Toujours un apex d'où Dieu domine des dirigeants servis par leurs clercs, eux-mêmes chargés de conduire au quotidien le troupeau des croyants majoritairement constitué par sa base. Pyramides d'autant plus plates et aux strates d'autant moins nombreuses que les pouvoirs s'y exercent à l'égard de croyants pauvres et populeux, elles s'inscrivent dans la pyramide globale constituée de l'ensemble des hommes, où se mêlent croyants et incroyants.

À l'égard de la pyramide sociale, les religions se distinguent par leur degré d'acceptation des inégalités qui y règnent inéluctablement entre ceux qui l'habitent. Cette acceptation va du fatalisme de celles pouvant être qualifiées d'hindouistes – ce que soulignait Tocqueville – aux règles à la fois plus subtiles et réactives du judaïsme, puis du christianisme et plus récemment de l'islam. Toutes y voyant l'épreuve mystérieusement imposée à ses créatures par le Dieu qu'elles représentent, sont autant de pyramides édifiées au nom de vérités promettant aux occupant de leurs divers étages la compensation de leurs malheurs terrestres dans un au-delà où les derniers seront les premiers. Objectivement, au risque de heurter, il y là instrumentalisation de la pauvreté par des structures au sommet desquelles règne un pouvoir aussi temporel que spirituel. Les religions se partagent ainsi la pauvreté, dans sa croissance et sa pérennité, assurées envers et contre tout, du seul fait de sa relativité alliée à une démographie en constante augmentation depuis l'origine de l'humanité.

Les résistances qu'il peut arriver aux religions d'avoir à vaincre, et le recul de certaines d'entre elles sont attribués à la montée du matérialisme. Ne serait-ce pas plutôt, ou tout autant, dû à la moindre crédulité qu'il génère ? Le déficit d'instruction, qui est le principal pilier de cette dernière, se comble en effet, de manière aussi spectaculaire qu'irréversible, sous l'effet de nouvelles façons de communiquer et d'apprendre.

Le XXIème s. sera spirituel ou ne sera pas a dit André Malraux. Sous la poussée d'un Islam en croisade et des autres religions tentant de s'unir pour lui résister, la prédiction coulait de source, mais la véritable question est : que pourrait-il en résulter pour la pyramide sociale, dans l'immuabilité de sa structure, garantie par la nature ?

Concernant le recul ou l'avancée comparée des religions, il est intéressant d'observer la mesure dans laquelle les richesses matérielles y jouent un rôle prépondérant, en parfaite contradiction avec le pseudo rejet par les unes et les autres du pouvoir temporel de l'argent. Après que la naissance puis l'expansion du judaïsme aient encore pris appui sur la force à l'état brut, dans l'opposition de tribus et de peuples semblant avoir agi sans prédominance de motifs religieux, jusqu'à la révélation d'un Dieu unique imposant Sa Loi à ses disciples, celles du christianisme ont étroitement été liées à la conquête de libertés qui n'avaient rien que de terrestre, puis de l'or et autres trésors exotiques. Après qu'il ait longuement mûri au rythme de la vie pastorale, l'Islam est quant à lui aujourd'hui servi par
l'or noir dont il
détient les réserves, comme en attestent ses retombées partout dans le monde ; du financement de sa propre propagation à celui de la dette des pays dont il a programmé la conquête. Acteur principal du développement démographique, dans une relation privilégiée entre pays pauvres et polygynie, son objectif déclaré de conquête du monde, par le ventre de ses femmes ne le dissimule même pas.


Détentrice de pouvoirs autant matériel que spirituel, les religions siègent au sommet de la pyramide sociale depuis que les premières croyances sont apparues. D'un point de vue purement socio-démographique, membres de l'élite, elles sont parmi ses premiers représentants à porter la responsabilité des malheurs qui écrasent une base proliférante et l'aggravation permanente de l'abominable sort de ses membres les plus défavorisés, tel qu'il en résulte. Elles accompagnent ainsi et cautionnent moralement l'action des États soucieux de conserver leur population en âge et en nombre propres à garantir leur dynamisme économique, en gardiennes de cette force supérieure à toutes qui est celle du nombre ; d'une démographie laminant tout sous son poids. Ne pouvant rien changer à l'ordre naturel et immuable selon lequel la nature et sa naissance attribuent à chacun sa place dans la pyramide sociale, elles se font les complices des gardiens de l'ordre qui y règne, soumises, réduites à exhorter ceux qui en souffrent à patienter et dans le meilleur des cas à les y aider par la charité et la prière.

Toute religion se fonde ainsi sur l'angoisse existentielle humaine, et entretient une foi qui, par définition, est le contraire de la raison. Comme la richesse, la religion existe par la pauvreté, laquelle exacerbe cette angoisse. Si la richesse est le pendant naturel de la pauvreté ; le contraire sans lequel elle n'existeraient pas davantage l'une que l'autre, la religion en est d'abord le produit en même temps que la justification première. Dans la crédulité qui la différencie d'une élite trop savante pour s'abandonner à une foi aveugle ; dans sa précarité intellectuelle, morale et matérielle, la pauvreté se voit offrir par la religion une compensation différée de ses misères, qui l'aide à les supporter jusqu'à une fin d'ailleurs présentée, par la religion elle-même, comme une délivrance.

Comme la médecine finit par accorder plus d'attention à la maladie qu'au malade, comme la science piétine la morale au nom de sa curiosité, les religions privilégient par vocation l'éternel par rapport au temporel, en cultivant le caractère incontournable de la condition humaine et de ses inégalités naturelles plutôt que de le combattre. Le pouvoir des religions serait pourtant déterminant dans une stratégie de dénatalité qui permettrait le retour à une société équilibrée, offrant aux plus démunis la dignité, à défaut d'une abolition de la relativité de leur position dans la pyramide sociale. Ceci selon une éthique garantissant le respect de la vie, s'agissant de prôner et prêcher la limitation de la conception, donc des naissances et du surnombre qui en résultent.

Addition
Copie d'un échange avec Zenit
organe de presse en ligne émanant du Vatican

- Claudec a écrit le 20/12/2012, commentant un article intitulé "La lutte contre la pauvreté" :
« Les religions jouent un rôle qui se différencie de celui des autres pouvoirs par leur prêche d\'une soumission au grand ordre des choses, en échange d'un meilleur au-delà, alors que d'autres œuvrent en vue de changements ici-bas, par la science ou la révolution. Mais dans tous les cas la pyramide sociale reste immuablement la même, avec son sommet où règnent les puissants et sa base où s'empilent les pauvres. Pour quelques développements voir :http://claudec-abominablepyramidesociale.blogspot.com Ou lire : "La Pyramide sociale - Monstrueux défi" De la richesse à l'exclusion sociale aujourd'hui et à la barbarie demain :
nhttp://www.thebookedition.com/la-pyramide-sociale---monstrueux-defi-claudec-p-84411.html »
- Zenit répond :
Cher lecteur,
Merci d'avoir pris le temps de nous faire part de votre sentiment ; Cependant, l'Eglise catholique a élaboré une "doctrine sociale" abondante qui propose concrètement des changements [en vue] de plus de justice dans ce monde. Elle a été réunie dans ce volume en ligne :
http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060526_compendio-dott-soc_fr.html
Dans l'Ancien Testament, les prophètes déjà exigeaient la conversion pur que le monde devienne meilleur.
Le prophète Isaïe a lui-même fustigé ceux qui prient et rendent un culte à Dieu sans faire justice aux plus défavorisés.
L'Evangile en dit pas autre chose… et les 10 commandements, s'ils étaient appliqués, sont une vraie révolution sociale.
Que le pape Benoît XVI a rappelé dans son encyclique sociale (à la suite des encycliques sociales de ses prédécesseurs, Léon XIII et Jean-Paul II) :
http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate_fr.html
Nous serons jugés, dit S. Matthieu non pas sur nos prières mais sur ce que nous aurons fait pour qui est nu, qui n'a pas à manger, qui est prisonnier ou malade.
Pas d'Evangile sans se retrousser les manches pour changer le monde,
pour transformer les structures de péché qui opprime les peuples en structures de justice, d'amour, de liberté et de paix.
Mais c'est seulement notre point de vue.
Bien cordialement.
Le courrier de la rédaction
- Le 22 déc. 2012, Claudec revient sur le sujet dans les termes suivants :
Bonjour,
Merci de votre réponse et du lien qui me permettra d'approfondir la position de l'Eglise sur un sujet qui, en dépit de son caractère fondamental, me semble occulté.
« Pas d'Evangile sans se retrousser les manches pour changer le monde, pour transformer les structures de péché qui opprime les peuples en structures de justice, d'amour, de liberté et de paix.» C'est bien là qu'est la question ; posée concernant une structure naturellement et immuablement pyramidale de la société, selon laquelle toutes choses intéressant la condition humaine, dont notamment la richesse et la pauvreté – non limitativement matérielles – revêtent un caractère irrémédiable et irrémédiablement relatif.
Cordialement vôtre
Claudec
- Le 23/12/2012, réponse de Zenit :
PS Vous avez raison, la rédaction française de Zenit en français va essayer cette année de trouver des intervenants compétents dans ce domaine.
Bon Noël!
Le Courrier

NB
Il aurait pu être ajouté à la réponse du 22 déc, concernant la citation d’Isaïe fustigeant ceux qui prient et rendent un culte à Dieu sans faire justice aux plus défavorisés, que la question n’est pas là mais dans le fait que précisément, justice est refusée aux plus défavorisés par le simple fait qu’ils naissent dans une structure pyramidale où ils sont irrémédiablement condamnés à l’injustice par inégalité naturelle.

lundi 17 décembre 2012

La pyramide sociale et l'élite


«... un double divorce est en train de s'opérer sous nos yeux :
entre le peuples et les élites d'une part;
entre le peuple et le progrès de l'autre »
Jacques Julliard
"La faute aux élites" Gallimard 1997
[Ne serait-ce pas plutôt entre le peuple d'une part
et le progrès allié aux élites d'autre part ?]


«... un double divorce est en train de s'opérer sous nos yeux :
entre le peuples et les élites d'une part;
entre le peuple et le progrès de l'autre »
Jacques Julliard
"La faute aux élites" Gallimard 1997
[Ne serait-ce pas plutôt entre le peuple d'une part
et le progrès allié aux élites d'autre part ?]

Parler de sommet de la pyramide sociale plutôt que d’élite serait une précaution permettant d’éviter l’amalgame de tous les membres de la société qui en occupent le sommet et y exercent leur autorité intellectuelle et morale, en compagnie du pouvoir de l'argent. Une telle promiscuité n’est pas en effet sans conséquences, outre l'abus de pouvoir auquel se livrent de trop nombreux imposteurs. S'il est réducteur de ramener la richesse – comme la pauvreté – de la société et de chacun de ses membres à son seul aspect matériel, il l'est davantage encore de considérer qu'il suffise d'occuper le sommet de la pyramide sociale pour en être digne et y exercer une autorité, quand bien même elle ne serait qu'immatérielle. C'est une prédominance et une insuffisance de partage bien plus complexes et solidement établies que celles du seul argent, émanant notamment des pouvoirs médiatique, politique, religieux, scientifique et technique, qui est en cause lorsqu'il est question d'inégalités. Dans une telle perspective, le pouvoir de l'argent, bien que dominant trop souvent les autres, est à leur service comme il en est le ciment.

La véritable fixation dont font l'objet les inégalités sociales, vues à travers le prisme réducteur des richesses matérielles, fait oublier les autres, lesquelles prospèrent elles aussi au préjudice aggravé de ceux qui en sont les victimes, dans une discrétion pour le moins surprenante de la part des premiers dénonciateurs de leurs malheurs. L'opacité qui règne à propos de la richesse matérielle et de ceux qui se la partagent n'est d'ailleurs pas la moindre manifestation des pouvoirs s'exerçant sur l'ensemble de la société, au point de s'interroger sur l'intérêt que pourraient avoir une partie de l'élite à s'allier avec ses pseudo membres pour en tirer un supplément de caution, quel qu’en soit le caractère suspect.

Quoi qu’il en soit, la question est de savoir dans quelle mesure et avec quels arguments ceux qui peuplent le sommet de la pyramide sociale en admettent ou en rejettent la représentation proposée ici, et nient les effets de la croissance démographique sur la pauvreté et les inégalités.

Les religions

Nous y reviendrons en détail, mais elles ont en commun de promettre à l'homme le bonheur dans l'au-delà, en compensation de sa condition ici-bas, avec pour effet des résultat jusqu’ici incontrôlés mais de l'avoir fait patienter aussi longtemps que sa crédulité n'a pas eu à subir les assauts d'une information omniprésente, véhiculant un savoir chaque jour plus étendu et partagé, quitte à être illusoire. D'anciennes civilisations et leurs prêtres l'avaient bien compris, qui allaient jusqu'à réserver aux seuls notables l'usage de l'écriture, punissant de mort toute infraction à cette règle. Leur promesse, aveu implicite de la reconnaissance du caractère incontournable de la pyramide sociale, garantit en tout cas un ordre n'ayant rien d'autre que de temporel, en y soumettant d'abord les plus crédules, naturellement recrutés à la base de cette pyramide.

L'une des grandes religions s'accommode des statistiques démographiques produites par les experts en la matière, en dépit des approximations et du caractère douteux dont elles sont entachées, mais il y a pire. Il suffit pour s'en apercevoir de penser aux invitations à croître et à multiplier, prêchées par toutes, et à la polygynie prônée par l’une d’entre elles. Une planisphère localisant cette pratique, qui est l'aspect le plus préoccupant de la polygamie en regard de la natalité, permet de constater sa relation étroite avec les zones de surpopulation dans le monde.


Source Wikimedia - internet



Et le fait que la religion dont elle est encore l'une des valeurs – ses prophètes ayant apparemment mieux anticipé que d'autres le parti qu'ils pourraient tirer de la démographie – au point que ses intégristes les plus actifs fassent du ventre de leurs femmes l'une des armes les plus efficaces de sa volonté affichée de conquérir l'univers *, n'a rien de rassurant, ne serait-ce que du seul point de vue qui nous intéresse ici.

Apparaît dès lors la mesure dans laquelle la misère des hommes a été et demeure le socle sur lequel les religions se sont édifiées et continuent de reposer. Elles pourrait suffire à expliquer que ces religions soient objectivement opposées au principe de dénatalité, et tellement résolues à ignorer l'abomination de la pyramide sociale autant que son hypertrophie.

"L'intelligentsia"

Véritable diaspora, elle est issue de cette multitude de modernes clercs et praticiens que sont savants, scientifiques, techniciens, enseignants et docteurs en tous genres. S'y mêlent les représentants de la pseudo élite dont il est question plus haut : beaux esprits et autres philosophes plus ou moins libres-penseurs, provenant du show-business, des sports, des lettres, etc ... Maîtres à penser grands et petits, reconnus aussi bien qu'autoproclamés. Gonflés de certitudes dogmatiques pour bon nombre d'entre eux, ils pratiquent des langages, formules et indices connus d'eux seuls pour exercer à l'égard de plus ignorants qu'eux, une véritable dictature dont la pensée unique est l'exemple flamboyant. Toujours prêts à s'indigner de tout sans se préoccuper des fondamentaux, comme en attestent par exemple la médiatisation de leurs innombrables interventions en faveur de l'environnement ou contre tel ou tel pouvoir, il est compréhensible que la pyramide sociale puisse n'avoir pour eux rien de particulièrement remarquable – pas davantage que pourrait les inquiéter l’hypertrophie de sa base – et qu'ils soient amenés à combattre les inégalités dans une confusion qui ne fait que les aggraver. Bien que caricatural, Il suffit pour s'en rendre compte de lire l'article intitulé "La polygamie: pourquoi pas ?", paru le 24 mars 2012 sous la signature d'une auteure qui se qualifie de philosophe et dont voici l'introduction : « Pourquoi est-il devenu aujourd'hui impossible de prononcer le mot polygamie sans qu'aussitôt le débat s'enflamme? La polygamie serait à éradiquer, comme un fléau, si l'on écoute certains politiques... [ayant été jusqu'à proposer] de faire de "la polygamie de fait" un délit pour les personnes naturalisées, puni de la déchéance de la nationalité ... La proposition fut abandonnée, on en fut quitte pour le ridicule.
Pourquoi donc cet acharnement contre la polygamie ? Parce qu'il n'y a plus aucune once de réflexion censée (sic) sur la place publique concernant ce sujet. Ce ne sont qu'amalgames et a priori, ressassements et attaques aveugles. C'est à qui s'indignera le plus vite et le plus fort. La polygamie serait la mère de tous les vices, et la monogamie le garant de l'ordre moral et le fondement de notre société ... C'est un fantasme qu'il est temps de dénoncer. » (**)

Il est surtout temps de cesser de prendre aussi naïvement pour des jaillissements d'intelligence une fertilité intellectuelle irresponsable se lâchant dans l'impunité totale. Il est trop facile de briller, confortablement attablés entre amis pratiquant le même exercice, à la terrasse d'un café germanopratain, ou face à un auditoire complaisant.

La classe politique

Pour des raisons assez comparables à celles attribuables aux religions – le pragmatisme attaché au seul temporel faisant en principe la différence –, les politiques refusent eux aussi majoritairement la remise en cause démographique, semblant ignorer son rapport avec les inégalités sociales, tant le concept est absent de leurs propos. Le sectarisme, voire l'anticléricalisme de la minorité d'entre eux qui s'en montreraient partisans – si le sujet faisait débat – suffirait d'ailleurs à les décrédibiliser, la moindre référence à la pyramide sociale semblant leur échapper.
Peut-il en être autrement, une telle prise de position allant à l'encontre de vérités solidement établies ? Ne serait-ce pas tout simplement militer pour la dénatalité de leurs électeurs ? L'attachement des élus à leurs mandats les renvoie à des suffrages dont la conquête comme la conservation reposent sur une démagogie respectueuse avant tout d'opinions majoritairement formées – avec le concours des media – par le pouvoir spirituel et l'intelligentsia régnante. Leur intérêt, soutenu par l'ordre des choses et réciproquement, prive la plupart d'entre eux, non seulement de la clairvoyance mais du courage nécessaire.

Les responsables de l'ordre et de la sécurité, tant policiers que militaires, étant l'exécutif permanent des politiques – et dans de nombreux cas du religieux –, leur attitude au sein de la pyramide sociale, en relation ou non avec la démographie, ne peut qu'en dépendre ; aussi ne sont-ils évoqués – sans entrer dans le détail – que pour souligner le poids dont leur pouvoir, pouvant aller jusqu'à l'oppression, pèse sur la société.

Les media

Aussi nombreux que les courants de pensée qu'ils sont censés représenter, luttant entre eux pour la conquête d'un lectorat ou d'un audimat, à la manière des politiques pour celle de leurs électeurs, la preuve nous est administrée quotidiennement que l'information qu'ils dispensent a davantage pour objectif de modeler l'opinion, au service de leurs maîtres financiers aussi bien qu'idéologues, que de l'éclairer. Leur pratique du vedettariat n'est pas sans rappeler le show-business, sans aller jusqu'à s'aventurer au-delà des idées reçues et d'un sensationnel dont ils peuvent assaisonner à moindre frais le quotidien de leur clientèle. Sans doute est-ce pour cela que la presse écrite comme la radio et la télévision font généralement preuve d'une indifférence rare à l'égard de la démographie et de sa relation avec la pyramide sociale, lorsqu'il leur arrive de concevoir la réalité de cette dernière. La meilleure illustration de cette attitude est l'intérêt aussi vite éteint qu'éveillé, qu'a suscité le fait démographique pourtant de première importance, qu'a été le franchissement du nombre des 7 milliards d'être humains peuplant la planète.

Internet peut paraître faire exception et donner l'impression de corriger les carences et compromissions des modes d'information traditionnels, précisément parce qu'avec toutes ses insuffisances et ses outrances, ce nouveau moyen de découverte et d'expression est accessible au plus grand nombre, mais deux observations conduisent à en douter :
La première porte sur la censure qui s'y exerce sous prétexte d'une modération qui, loin d’être inutile,  n’en conduit pas moins trop souvent,  au rejet pur et simple de ce qui n'est pas conforme à la ligne éditoriale des innombrables blogs, sites, forums et tribunes émanant aussi bien de media traditionnels que de l'initiative privée, toutes opinions confondues.
La seconde est que s'y multiplient des micro groupes qui viennent y débattre des questions les plus diverses, entre intervenants étant par avance d'accord entre eux. Chacun étant bien entendu persuadé de détenir la vérité à propos de ce qu'il connaît mal, voire pas du tout. Toute intervention contradictoire y étant impitoyablement refoulée, les discussions y prennent un tour plus affligeant de médiocrité que porteur d'un espoir de progrès des esprits qui en auraient le plus besoin. Comme si, là encore, la pyramide s'imposait, condamnant la pauvreté à occuper la partie la plus basse en même temps que la plus importante de son volume.

En résumé, en laissant sa place à l'exception ; en évitant l'amalgame ; en faisant la part de la philanthropie, de l'humanitaire, du caritatif, institutionnalisés ou non, collectifs comme individuels, dont les efforts méritoires soulignés par ailleurs sont condamnés à une insuffisance chronique par le nombre et parfois une compassion maladroite, une large partie de l'élite est quasiment muette sur le sujet qui nous intéresse. Il en est comme si elle n'était pas concernée ; comme si le concept de pyramide sociale lui échappait ; comme si elle vivait, volontairement ou non, consciemment ou non, coupée d’une réalité sociale fondamentale et a fortiori de son rapport avec la démographie. Couvant néanmoins jalousement et pesamment le reste de cette pyramide sociale, de sa base à sa partie médiane, elle ne partage ses angoisses ou ne s'en préoccupe, que par une observation où l'anthropologie le dispute à la compassion, ce qui ne fait que les aggraver.

S'il devait être appliqué aux détenteurs de la richesse intellectuelle et morale l'intransigeance avec laquelle est reprochée à ceux qui exercent les pouvoirs matériels leur cupidité et leur égoïsme, alors une partie de l'élite ne pourrait qu'être accusée de témoigner à l'égard de ces derniers d'une complicité pour le moins objective.

C'est cette partie de l'élite et sa complaisance à l'égard de ceux qui s'en prétendent abusivement les membres, qui pourraient ainsi être la première cause de la dislocation fatale de la pyramide sociale. Mais rappelons-le : à supposer qu'un tel résultat, auquel aspirent les révolutionnaires vrais ou faux, ne conduise pas au néant, il n'aurait pour effet que de donner naissance à une nouvelle pyramide sociale, avec toujours son sommet et sa base.

* - Cf. déclaration de Hari Boumedienne se flattant en 1974, à la tribune de l’ONU,  de ce que l'islam ferait la conquête de l'Europe et du monde par le ventre de ses femmes. Menace reprise depuis, en particulier par son défunt coreligionnaire, le Colonel Khadafi.

** - http://www.huffingtonpost.fr/catherine-ternaux/polygamie-amour_b_1373398.html

Pyramide sociale, fin du monde et meilleurs vœux


La fin du monde est pour demain ! Fin du monde ou fin de l'humanité ? Dans un cas comme dans l'autre, deux choses sont sûres : l'évènement passerait inaperçu à l'échelle de l'univers et, qu'il s'agisse de la seule espèce humaine ou de son habitat, cette fin est dans l'ordre des choses. Tout ne naît-il pas pour mourir un jour.?

Pour en rester à l'homme, puisqu'au fond c'est bien la seule chose qui l'intéresse, à en juger par l'état dans lequel il a mis et continue sans vergogne de mettre la planète qui l'abrite, il se pourrait bien que cette fin soit proche. Peut-être s'agira-t-il d'une fin n'ayant rien à voir avec l'un de ces films prétentieux qui voudraient nous en donner une idée apocalyptique. Certes les flammes, l'eau et toutes les forces de la nature (peut-être vengeresse) y prendront part, ce dont nous avons un avant-goût par les catastrophes dont des moyens d'information toujours plus performants nous livrent régulièrement les images, mais les préparatifs d'un autre type de séisme, plus pernicieux et auquel l'homme est plus intimement lié, sont en voie d'achèvement. Il se pourrait bien que la fin de l'année qui s'achève, peut-être même plus précisément le 21 décembre, soit le moment où se mettra en marche le mécanisme de notre anéantissement. Tout est en place, à l'issue d'une longue préparation qui est allée en s'accélérant au cours des deux derniers millénaires, avec l'aide des sciences et du progrès. Le simple franchissement d'un point de non retour pourrait alors être daté comme sonnant notre fin.

Ceux qui avaient prévu l'évènement pour l'an 2 000 ne se seraient trompés que d'une douzaine d'années, ce qui est bien peu de chose avouons-le. Et si les Mayas sont eux aussi dans l'erreur, accordons leur le handicap de moyens de calcul moins sophistiqués que les nôtres. Ils ont pu néanmoins être capables d'évaluer, en simples observateurs méticuleux de leurs propres mœurs – qu'ils devaient considérer comme celles partout en vigueur – ce à quoi elles conduiraient dans quelques siècles ? Quant à la forme que devrait prendre leur prédiction, qu'ils aient vu les hommes promis à leur fin dans des délais déterminés est une chose, que cette fin doive être collective, subite et violente, ou précédée d'une agonie plus ou moins longue en est une autre qui pouvait ne pas les préoccuper. Seul le résultat pouvait les intéresser, qui dans les deux cas serait le même : la fin de l'humanité.
N'est-il pas dès lors permis d'imaginer – d'autant plus que cette structure leur était familière – qu'ils surent entrevoir dans un lointain futur, la pyramide sociale, sa base hypertrophiée par le nombre, fissurée, gangrenée par les inégalités de toutes sortes qui ne pouvaient aller qu'en s'aggravant, exploser et s'écrouler sous son propre poids, avec des soubresauts plus ou moins violents, pour parvenir enfin à cette égalité à laquelle ils ne semblent cependant pas avoir cru – contrairement à nous –, par laquelle tous les hommes se situent enfin au même niveau, celui auquel ils se rejoignent infailliblement au moment de leur mort.

À en croire Pareto, 5 milliards et demi d'hommes peuplant la base de la pyramide sociale, font de nos jours le bonheur du milliard et demi logeant au-dessus d'eux, selon un mécanisme naturel, incontournable et vieux comme le monde, ce que les Mayas ont par conséquent pu concevoir, par la simple observation de leur propre société. Ils ont pu de même se livrer à un calcul parfaitement à leur portée, leur faisant prévoir qu'à proportions inchangées, le temps où la population des hommes croîtrait, comme c'est le cas de nos jours, au rythme quotidien de 250 000 individus, l'explosion générale deviendrait inévitable.

L'heure n'en a-t-elle pas sonnée ou n'est-elle pas sur le point de le faire ?

Trop peu scientifique pour être simplement lisible ! diront les uns. C'est omettre que l'intuition – jointe à des facultés d'observation perdues depuis – est ce qui a nécessairement tenu lieu de sciences aux premiers penseurs, qu'ils aient été précolombiens ou autres. C'est surtout se satisfaire de contorsions intellectuelles dont la vanité est pourtant attestée par l'état de la société aujourd'hui, le progrès matériel étant loin de faire le compte.

Excès de pessimisme ! diront les autres. Mais qu'y-a-t-il de pessimiste dans le fait de considérer que 7 milliards d'êtres humains, auxquels s'en ajoutent quotidiennement 250 000, constituent un poids trop lourd pour la planète et mènent à la catastrophe écolo-sociale ? Ne s'agit-il pas plutôt d'anticipation par réalisme et bon sens ?
Ceci dit, rien ne presse. Une minorité d'hommes a encore de beaux jours à vivre. Quant à la grande majorité des autres, il lui reste à patienter dans la résignation ou à mener ses habituelles révolutions, lesquelles n'ont jamais rien changé au grand ordre naturel des choses.

N'en déplaise aux catastrophistes, aux amoureux de grands spectacles et d'effets spéciaux, soyons heureux. Nous pourrons encore échanger nos vœux d'heureuse année nouvelle pour 2013.

samedi 10 novembre 2012

A propos d'Islam modéré



Face à une victimisation grandissante des musulmans, passant sous silence les questions que se posent de nombreux observateurs de tous niveaux et de toutes croyances, un agnostique s'interroge en comparant l'Islamisme au Christianisme.

Se poser en victime est un procédé dialectique bien connu, employé pour masquer l'essentiel. La stratégie en vigueur depuis des années dans notre pays comme dans bien d’autres, que tente de masquer ici et là l'idée d'un islam modéré ; le nombre de mosquées ayant cependant librement fleuries partout ; de même que l'absence de réciprocité de cette tolérance que réclame l'Islam, suffisent à démontrer ce qu'il en est. La question vaut donc d'être posée par ceux dont les valeurs de référence perdent chaque jour un peu plus de terrain. Un Islam modéré existe-t-il ? Dans l'affirmative, qu'attendent ses adeptes pour se faire connaître et nous expliquer en quoi il consiste et diffère de l'Islam tout court ?

Il ne s'agit pas ici de comparer des religions entre elles, et encore moins de prendre parti pour l'une ou l'autre, ce qui reviendrait à partager la foi, la croyance ou la crédulité de ceux qui y placent leurs espérances et y gèrent leurs angoisses. Il s’agit plus simplement d’essayer de comprendre à quel destin sont voués les citoyens d’un pays de tradition jusqu’ici majoritairement chrétienne, sous l’influence de l'Islam, compte tenu de la position de ce dernier dans les pays qu'il domine, et de son message. En d'autres termes, existe-t-il un Islam qui ne promette pas la charia ?

La réponse coule de source ; il ne peut pas y avoir d'islam modéré, pour une raison fondamentale que le plus tolérant d'entre nous peut aisément comprendre et qui explique notamment le silence des musulmans prétendument modernes, face aux actes perpétrés partout dans le monde par leurs coreligionnaires les plus visiblement actifs.

Par différence avec la religion chrétienne, la religion musulmane, repose sur un écrit incontournable qu'est le Coran, dans sa version adoptée une fois pour toutes il y a des siècles, pour perpétuer et sécuriser une transmission jusqu'alors verbale – La parole s'envole les écrits restent. De plus, figées à jamais dans ce texte, les règles fondamentales de la religion islamique ne se contentent pas de s'appliquer dans la perspective d’une existence après la mort mais valent tout autant pour la vie ici-bas. Le Coran est d'observation stricte au temporel comme à l'éternel, au civil comme au politique. Quant à une application au religieux comparée à celle valant pour le laïque, il ne peut en être question puisque la notion même d'athéisme est purement et simplement rejetée, sans la moindre ambiguïté. Le Coran frappe l'athée, comme d'ailleurs l'apostat, de la peine de mort, ce qui donne une idée de son irréductibilité et de son absolue incompatibilité avec la laïcité, pierre angulaire de la démocratie. Il s'agit donc d'une religion se confondant avec un régime politique, qui non seulement n'ont pas évolués depuis leur institution mais sont promis à être privés de la moindre évolution, le Coran étant inattaquable dans sa moindre virgule

Le christianisme par contre, qui demeure une religion à laquelle son évolution a fait perdre au cours des siècles la majeure partie de son pouvoir politique, se fonde sur l'ancien testament – la Bible – qui s’est largement prêtée à l’exégèse depuis la révélation ayant conduit à sa rédaction et la naissance du Judaïsme qui y reste fidèle. Cette bible a de plus été suivie d'un autre texte, le Nouveau Testament qui l'a en quelque sorte actualisée, ou modernisée, en y introduisant de nouvelles valeurs qui en chassaient d'anciennes. Par exemple la disparition de la loi du Talion au bénéfice du "Ne faites pas à autrui ce que nous n'aimeriez pas qu'on fit à vous même." ou du "Pardonnez à celui qui vous a offensé."

En dépit d'abus, d'erreurs et d'innombrables ajustements au cours de plusieurs millénaires ; au prix de multiples schismes et dissidences – signes de remises en cause porteuses de progrès –, la Bible, référence première des religions judéo-chrétiennes, a donc donné lieu, depuis sa première rédaction, à une révision incessante, encourageant la raison de ceux qui croient en sa parole, plutôt que la soumission aveugle à un texte figé dont la moindre critique est formellement interdite à d'autres.

Pour ce qui est de l'enseignement de la foi, aux catéchismes judéo-chrétiens, revisités et actualisés en permanence, se comparent les Hadiths, enseignés dans les écoles coraniques et qui se réduisent à une compilation des actes du Prophète. « Le comportement de Mahomet, que chaque musulman doit observer, imiter et honorer, s'applique parfaitement dans la logique qui est la suivante : Tuer, exterminer et éradiquer par tout les moyens, tout ce qui n'est pas musulman, afin que la terre entière soit à Allah et aux croyants. » - Jacques Ellul (éminent historien, théologien et sociologue)

Pour ceux qui désirent approfondir le sujet sans parti-pris, de nombreux sites et blogs sont accessibles sur Internet, où manquent par contre les arguments islamiques qui pourraient démentir ce qui précède.

Toutefois, avant de s'engager dans une telle approche du sujet, au risque de tomber dans la banale polémique, peut-être est-il bon de méditer les propos suivants, formulés par un contributeur anonyme, lors d'une récente publication sur le Net de ce qui précède.

« Non, il n'existe pas de pays où l'islam dominant renoncerait à la charia. Il est même certain que partout où l'islam domine ou grandit, la société est forcée de s'islamiser et de se renfermer. C'est vrai en Asie (Malaisie, Indonésie), c'est vrai en Afrique (Nigéria, pour ne pas parler des cas extrêmes, et évolution des révolutions du Maghreb), c'est très notable en Turquie où l'on ne voyait autrefois que rarement le voile...
C'est surtout vrai partout où l'islam entre en rébellion (sud Philippines, sud ThaÏlande, Inde, anciens territoires soviétiques, etc...), des pays qui comptent plusieurs morts chaque jour, jusqu'à ce que le pouvoir central leur accorde un statut spécial.
Cependant, on n'est jamais arrivé à quoi que ce soit en stigmatisant une religion, bien au contraire. C'est une constante depuis le début de l'Histoire. C'est pourquoi il faut appréhender le problème à un autre niveau, un niveau qui concerne aussi les religions concurrentes, même si elles ne présentent pas de danger. C'est en dénonçant la foi stupide en un dieu créateur à l'écoute, que l'on pourra trouver une solution. Car alors les musulmans ne verront pas une attaque spécifique contre eux, mais une prise de position de gens cultivés, instruits, face aux masses non éduquées, qu'elles soient musulmanes ou chrétiennes ou juives...
Toute autre approche est vouée à l'échec, à l'interminable guerre de religion. »

Mais une telle prise de position ne revient-elle pas à accepter benoîtement de vivre durant quelques siècles sous le régime autant civil que religieux qu’impose l'Islam ? Le triomphe de la raison pouvant demander un certain temps, faut-il jusqu’à ce terme hypothétique se soumettre, se résigner, subir la loi de la religion la plus barbare – qui se veut en même temps un pouvoir politique absolu – ou refuser, se révolter, en faisant éventuellement alliance avec ses concurrents ? De deux maux, ne faut-il pas choisir le moindre ?

Voici en tout cas une situation qui n’est pas sans rappeler celle des artisans – qui n’étaient pas tous des aristocrates – de bien des révolutions qui finirent guillotinés, pendus ou fusillés, pour avoir toléré, voire encouragé ceux qui deviendraient leurs bourreaux. La soif de martyre de l’humanité serait-elle inextinguible et la mieux partagée ?

Après réflexion, n’est-ce pas le sort fait aux musulmans de base qui doit dicter l’attitude à opposer à l’Islam ? C’est en pensant à eux qu’il convient de dire la vérité. Viendra un jour où celle-ci finira bien par les atteindre, dans l’obscurantisme où les maintiennent, politiquement comme religieusement, leurs imams et autres dictateurs, par le mensonge et l’hypocrisie. C’est aider ces croyants que de dénoncer les erreurs dans lesquelles ils sont maintenus et est entretenue leur crédulité. Nul doute que le plus grand nombre d’entre eux soit atteint tôt ou tard par une information qui doit être omniprésente. Alors, parce qu’ils sont des êtres doués de réflexion, ils comprendront les abus dont ils sont victimes et les visées d’abord – pour ne pas dire strictement – temporelles de la cause au service de laquelle ils sont enchaînés par la force et la terreur. La conscience de chacun s’éveillera et le portera à refuser de jouer un rôle si contraire au besoin, à la soif naturelle de justice et de liberté de conscience qui habite plus ou moins chaque être humain.

Liens
http://www.youtube.com/watch?v=BVbCIsGmJq4&feature=player_embedded - Sean Hannity & Brigitte Gabriel, journalistes américains réagissent face à Ajem Choudary, islamiste radical.

lundi 14 mai 2012

Liberté - Egalité - Fraternité


 Libre réflexion à propos de notre devise nationale


Les républiques se succèdent, les constitutions se révisent, pourquoi une devise, fut-elle nationale, ne se remettrait-elle pas en cause, ne serait-ce que pour tenir compte des effets du progrès survenus depuis sa proclamation ? Sans porter atteinte aux valeurs qu’elle énonce, il n’y aurait rien de choquant, pour qui n’est pas aveuglé par le dogme, à y réfléchir calmement et avec un recul de plus de deux siècles par rapport à la révolution qui l’enfanta. Sans compter avec une autre révolution – industrielle celle-là – et des bouleversements de la société qui en résultèrent, imprévisibles à la fin du XVIIIe s. La nation qui se glorifie d’avoir proclamé au bénéfice de tous les valeurs qu'elle faisait siennes pourrait de la sorte juger de ce qu’est devenu son présent et être la première à en tirer les conséquences.


Étant donné le climat euphorique dans lequel la devise française a été adoptée, sous l’influence des penseurs de l’époque, plus utopistes encore que les "bobos" d'aujourd'hui, force est de reconnaître qu’elle a changé bien peu de choses à nos rapports sociaux. Les privilèges, qui symbolisent en les concentrant tous les principes au nom desquels les trois valeurs de Liberté, Égalité et Fraternité ont été choisies, non seulement ont perduré mais se sont multipliés, proclamés comme autant de conquêtes par ceux qui en profitent et les défendent maintenant avec obstination.


Notons que les replâtrages ou substituts opérés ou proposés par les uns et les autres, dont le plus fameux a été celui tenté par Vichy avec Travail, Famille, Patrie, n’ont pas été couronnés de davantage de succès que d’estime pour qu’ils puissent être sérieusement pris en considération. il ne s'agit d'ailleurs pas ici de changer une devise mais de réfléchir à ce qu'est devenue sa signification.



De la Liberté


« Une expérience journalière fait reconnaître que les français vont instinctivement au pouvoir; ils n’aiment point la liberté ; l’égalité seule est leur idole » Chateaubriand


« La liberté commence toujours par être accompagnée de maux qui suivent l'usage inconsidéré qu'on en fait. » Frédéric Bastiat - La Loi



Pour autant qu’elle ne relève pas du rêve, la Liberté se définit par les limites que la loi lui octroie ou que chacun voit assignées à la sienne par celle des autres. Loin d'être cette indépendance, ce droit que chacun voudrait vivre à sa guise, la Liberté a un caractère faisant hautement référence à la vie collective et réclame de ce fait une attention toute particulière, eu égard aux revendications de plus en plus inopportunément formulées par les uns et les autres à son sujet.


La liberté consiste à faire à son propre gré ce qui ne nuit pas à autrui. Ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque individu ou groupe d'individus est subordonné à ce qui assure aux autres la jouissance de ces mêmes droits. En cela, il n'est pas de liberté sans devoirs. La loi pouvant aider à fixer et codifier ces droits et ces devoirs, c’est elle qui arbitrera autant que de besoin.


« La liberté de chacun finissant où commence celle des autres », elle peut être considérée comme une richesse, un espace dévolu à quiconque, dans l’égalité républicaine, laquelle est tout autre chose que cet égalitarisme anarchisant avec lequel elle est trop souvent confondue. Il est dès lors évident que plus le nombre de ceux qui partagent cette richesse ou cet espace est grand, moins la part de chacun le sera. Sauf à concevoir bien entendu que cet espace soit extensible à l’infini. Or, de ce point de vue et en attendant la conquête viable de notre environnement planétaire – ce qui ne ferait d'ailleurs qu'en repousser les limites tout en multipliant nos devoirs, l’humanité est confrontée à ses limites naturelles et matérielles : la pyramide sociale dans laquelle elle est confinée et celles de la Terre sur laquelle elle vit – ou plus exactement aux limites que son imprévoyance lui octroie et dans lesquelles il lui est possible de vivre. Cet espace vital est en effet inexorablement grignoté, chaque jour davantage, par une inconscience aggravée par le nombre.


Plutôt que de revendiquer toujours plus de ce qui se raréfie à chaque instant, c'est la révision de ses exigences en matière de Liberté, comme de tout autre droit, qui s’impose à l’homme. Si par exemple la réduction des libertés des uns est due à une croissance démographique imputable à d'autres, comment faire pour empêcher ces autres d'empiéter sur l’espace de liberté des premiers ? Que ce soit possible par la contrainte ou par la raison, il s'agit bien de limiter les libertés individuelles de tous et partant, leurs droits et privilèges.


Le temps est révolu d'affirmer des droits dont l'abus ne peut conduire qu'à l'anarchie. Si la Liberté peut être vue comme un espace ou comme une richesse, comme tout espace ou toute richesse un partage nécessite davantage de pragmatisme que de bonnes intentions. Ne pas s'en soucier, c’est tout simplement méconnaître l’aboutissement incontournable de toute idée utile, appelée à être tôt ou tard confrontée aux faits.


Ne peut-il pas être vue dans une telle analyse une explication supplémentaire du fait que la codification d’un système de valeurs, qu’il s’agisse banalement de politesse, de bienséance, de cordialité ou plus généralement de tout ce qui touche à la considération due à autrui, en même temps qu’à l’égalité de tous devant la loi, ne se fonde pas impunément sur des considérations abstraites, idéalistes, voire idéologiques et dogmatiques, a fortiori lorsqu’elles naissent dans l'anarchie, l'euphorie et l’utopie ? À croire que la raison, comme la vérité, finit toujours par sortir du puits.


Peut-être sommes-nous tout simplement confrontés aux conséquences de « l’emploi de l’esprit aux dépens de l’ordre public [...] une des plus grandes scélératesses [...] de toutes la plus dangereuse, parce que le mal qu’elle produit s’étend et se promulgue par la peine [...] infligée [...] des siècles après lui ». (Duchesse de Choiseul au sujet de J.J. Rousseau). À noter qu'il s'agit ici de la liberté de penser qui, pour le meilleur et pour le pire, ne connaît pas d'autres limites que celles de la raison et que c'est lorsque cette raison est bafouée que l'autre liberté, la liberté d'être, est en danger. Et ceci d'autant plus que se répand la confusion entre liberté de penser, de s'exprimer et d'agir, entre pensée et action. Nombreux sont ceux qui s'exprimant, prennent leurs gesticulations pour de l'action et plus nombreux encore ceux qui, laissant les autres penser pour eux, s'expriment et se comportent en irresponsables, en les imitant.


Entre dès lors en jeu la responsabilité, sans laquelle la liberté n'est plus qu'une vue des esprits les plus fumeux ou les plus malhonnêtes, elle n'est alors même plus une richesse à partager ; elle est un mythe qu'entretient la démagogie et son compagnon le mensonge.


La notion de liberté entendue comme espace ou richesse que les hommes ont en commun a pour corollaire que la part de chacun ne peut que se réduire lorsque le nombre de ceux qui les partagent croît. Elle mérite, de ce fait, une attention plus grande que celle qui lui est portée, notamment de la part de ceux qui bafouent si souvent la Liberté, au nom des libertés (identitaires, communautaristes, corporatistes, individuelles, etc. ) qu'ils prétendent promouvoir ou défendre comme autant de privilèges.


Pierre d'achoppement de la vie en société, combien celle-ci serait pourtant changée, dans le sens du progrès social, si toutes les combats qui se mènent de par le monde au nom de la Liberté en tenaient compte. Utopie ? Bien au contraire : marque de raison ! Mais la raison n'est-elle pas elle-même utopie ?


De l'Égalité


« L'envie, principe de la Révolution française, a pris le masque d'une égalité dérisoire ; elle promène son insultant niveau sur toutes les têtes, pour détruire ces innocentes supériorités que les distinctions sociales établissent. » Talleyrand


« Il faut reconnaître que l'égalité, qui introduit de grands biens dans le monde, suggère cependant aux hommes ... des instincts cependant fort dangereux : elle tend à les isoler les uns des autres, pour porter chacun d'entre eux à ne s'occuper que de lui seul.
Elle ouvre démesurément leur âme à l'amour des jouissances matérielles » Alexis de Tocqueville


“La liberté et la fraternité sont des mots, tandis que l’égalité est une chose” (Henri Barbusse)


Peut-être, s'il avait été plus pragmatique, Barbusse eût-il remplacé dans son propos, égalité par inégalité. L'inégalité est en effet incontestablement plus naturelle et largement répandue – sous le vocable de "différence" – que son contraire. Les pères de notre devise nationale et républicaine ont d'ailleurs pris la précaution de préciser qu'ils parlaient d'égalité de droit, et ses modernes promoteurs d'égalité des chances. C'est bien reconnaître que l'égalité toute nue n'est pas de ce monde, dans lequel aucune chose ne ressemble à une autre ; qui refuse par nature tout nivellement. En conséquence, les plus intégristes sont contraints d'admettre, même s'ils se gardent de l'avouer, le caractère éminemment utopique de cette égalité inscrite au fronton de nos monuments. Certains ne manqueront pas d’objecter qu’il y a lieu d’entendre, par “égalité de droit”, “égalité devant la loi”. C’est faire une peu facilement abstraction des “passe-droits” que sont précisément les privilèges qu’instaure la Loi et qui sont chaque jour plus nombreux, sans compter la relation souvent vérifiée entre inégalité devant la loi et inégalité de richesse.


Si bien des exemples illustrent l'illusion de l'égalité, auquel le législateur tente de pallier par ses textes, il peut être divertissant autant que significatif de considérer à ce titre la différence d’usage que les républicains français font du vouvoiement et du tutoiement, signe d’égalité entre tous. Ils emploient en effet le vouvoiement et le tutoiement selon des règles révélatrices d’une certaines dérive de leurs valeurs de référence. Le phénomène mérite donc une attention plus grande que celle qui lui est généralement prêtée. Selon le code français de la politesse, l'usage du vous marque indéniablement, une distance, une considération, que ne confère pas le tu. N’en découle-t-il pas que la considération accordée à autrui n’est pas la même pour tous les citoyens ? Ceci n’induit-il pas une notion d’inégalité fondamentale, dont l’usage différencié du tu et du vous, selon la personne à laquelle ils s’adressent, est l’affirmation ?


N’est-il pas étrange que la situation ne soit pas inverse dans la langue de ceux qui se prétendent les promoteurs – quand leur chauvinisme légendaire ne les conduit pas à se prendre pour ses inventeurs – de l’égalité et de la fraternité. Il faut reconnaître à cet égard que nos politiciens de gauche, auxquels ceux de droite ont rapidement emboîté le pas, ont grandement innové dans les années 60 avec l’emploi du prénom pour communiquer entre eux au vu et au sus de tous, ce qui est peut-être leur avancée sociale la plus importante, depuis les efforts des révolutionnaires de 89 ayant vainement tenté d’instituer l’usage du ci-devant puis du citoyen, sans oublier la gauche prolétarienne ayant entre temps usé du camarade.


Quoi qu’il en soit, l’emploi du tu, après ces tentatives d'imprégnation des rapports entre les citoyens d'une marque se voulant d'égalité et de fraternité n'a-t-elle pas atteint des résultats diamétralement opposés ? Ceci peut sembler d'autant plus réel que l'emploi du vous ne s'avère aucunement opposé aux principes d'égalité, de fraternité ou de simple proximité, tout en valorisant les individus les uns par rapport aux autres ; ce faisant, tout un chacun, en toute circonstance, se voit témoigner non plus de la distance, mais de la déférence ou pour le moins le respect que marque le vouvoiement.



De la Fraternité


Des trois termes de notre devise nationale, la Fraternité est peut-être le plus précaire. En effet, si la liberté et l'égalité – devant la loi – se peuvent décréter, nul ne peut contraindre qui que ce soit à une fraternité à laquelle celui ou ceux à qui elle s'adresse peuvent au demeurant être indifférents, voire hostiles.


Paradoxalement, la fraternité est un sentiment qui ne peut être que personnel. Passe encore pour la solidarité, pour l'exercice de laquelle la collectivité peut se substituer aux individus pour en faire preuve en leur nom et à leurs frais.


Proclamer valeur républicaine et universelle la fraternité fut et demeure un vœu tellement peu laïque que l'esprit des lumières eut dû en être alerté. Quoi de plus étranger en effet à la raison pure des encyclopédistes, qu'un sentiment directement inspiré de l'amour du prochain, valeur évangélique entre toutes.


La diversité des individus engagés et dès lors supposés faire preuve de fraternité et l'obligation d'égoïsme que la nature fait à chacun de donner priorité à ses propres intérêts sur ceux de son prochain dictent une tout autre loi ; les plus philanthropes d'entre nous doivent en convenir, ne serait-ce que lorsqu'ils ont à lutter contre.


Quoi qu’il en soit, le fait qu'elle ne puisse être que consentie à titre strictement personnel distingue, voire isole, en quelque sorte la Fraternité des deux autres valeurs proclamées. Éminemment individualiste, elle peut être refusée par certains sans ôter quoique ce soit à celle pratiquée par d'autres – et vice versa – et peut-être est-ce pour cette raison que le principe de solidarité tend à se substituer à une fraternité qui est tout autre chose. Curieux d'ailleurs, que la question soit aussi discrètement traitée dans les sphères intellectuelles.

Il en est tout autrement de la Liberté et de l'Égalité. Le fait qu’un seul membre de la communauté des hommes apparaisse aux yeux de leurs défenseurs comme privé de la moindre partie de ce qu’elles représentent, suffit pour que l'attrait universel de ces deux valeurs se rappelle à leur vigilance.